#InterdireLeCoran Dieu, l’Un, l’immanence radicale, n’est pas Transcendant

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/29/cochetbrunschvicg-24-scienceinternelle-ni-monisme-ni-dualisme/

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Cette notion de vérité , acte de présentification en dehors duquel rien n’existe, ne doit pas rester confuse. Malgré le dédoublement qui résulte du passage du présent éternel au présent chronologique essentiellement fuyant, il ne s’agit pas d’un dualisme, car rien n’est séparé dans l’acte spirituel. Il ne s’agit pas non plus d’un monisme, la notion d’un tout accomplissant justement cet arrêt, qui trahit l’acte de l’esprit. Il s’agit d’une propagation de ce pouvoir unitif qui exprime seul le pouvoir d’actualisation, qui soutient le monde des corps et celui de la pensée. Il ne faut pas confondre ce pouvoir du lien, par lequel l’intelligence saisit les choses dans son double mouvement, d’abord en les attachant par une succession chronologique, ensuite en les intégrant toutes dans chacune de leurs articulations séparées , avec une procession de l’un vers le multiple et un retour du multiple vers l’un, selon le mode plotinien. Ceci pour deux raisons :
1 toute procession est chronologique et n’exprime que le terme médiat de l’esprit, son expression diminuée

2 l’un n’est pas transcendant, mais exprimé adéquatement par l’immanence ; c’est par elle qu’il est inséparable du réel, contenu en chacun de ses termes et les contenant tous, connus et inconnus. En vertu de la conception de la vérité telle que nous l’avons exposée et de la connaissance intégrale qui en résulte, la transcendance est ici absolument écartée. Car une Transcendance ne peut se poser que par un jugement ou une croyance affirmative. Mais un jugement de Transcendance seraittranscendant lui même à la chose jugée, qui dépendrait de lui . Et une affirmation la rendrait dépendante d’une croyance, sans vérification possible . La notion de foi exclut celle de vérité ; car une notion connue vraie n’est plus objet de foi et d’une notion mystérieuse, on ne peut savoir si elle est vraie ou fausse. C’est pourquoi les croyants ne peuvent affirmer leur foi que par le martyre, qui d’ailleurs ne prouve aucune vérité. C’est pourquoi Galilée n’avait pas besoin de mourir pour que sa science soit vraie.
L’immanence au contraire est vérifiée sitôt connue, puisqu’elle est l’acte même de présentification »

Paul Schrader : Mishima, a Life in four charters (1985)

Le film est ici :

https://ok.ru/video/4446678813184

Ou ici :

https://ok.ru/video/40250116767

mais des sous titres qui se recouvrent peuvent créer la confusion, aussi est il préférable de recourir au script :

https://transcripts.thedealr.net/script.php/mishima-a-life-in-four-chapters-1985-NJD

C’est le chapitre 4 final qui est surtout poignant : « Harmony of Pen and sword »; on assiste à la tentative de Mishima, aidé par quatre jeunes hommes, de kidnapper le général commandant l’école militaire et d’exiger de pouvoir haranguer la garnison

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yukio_Mishima

https://fr.wikipedia.org/wiki/Masakatsu_Morita

Mais le discours de Mishima ne provoque que les huées des jeunes soldats; il rentre alors dans le bureau du général où celui ci est retenu en otage et met fin à ses jours par seppuku.

Il y a sans nul doute une dimension christique dans le personnage, en même temps qu’il apostrophe les soldats il tient dans le film une sorte de dialogue intérieur sur l’interprétation qu’il faut avoir selon lui de son action en ce jour du 25 novembre 1970, dialogue avec lui même intégralement retranscrit dans le script :

https://transcripts.thedealr.net/script.php/mishima-a-life-in-four-chapters-1985-NJD

, notamment quand il se remémore le voyage qu’il fit dans un avion à réaction militaire, qu’il raconte aussi dans « Le soleil et l’acier » :

« C’est alors que je vis le Serpent, lové autour de la Terre »

«

Never in physical action had I discovered the chilling satisfaction of words.

Never in words had I experienced the hot darkness of action.

Somewhere there must be a higher principle which reconciles art and action.

That principle, it occurred to me, was death. »

C’est à dire que ce Principe qui réconcilie les mots (l’art) et l’action est la mort.

«

The vast upper atmosphere, where there is no oxygen, is surrounded with death.

To survive in this atmosphere, man, like an actor, must wear a mask.

Flying at 45,000 feet, the silver phallus of the fuselage floated in sunlight.

My mind was at ease, my thought process lively.

No movement, no sound, no memories.

The closed cockpit and outer space were like the spirit and body of the same being.

Here I saw the outcome of my final action.

In this stillness was a beauty beyond words.

No more body or spirit, pen or sword, male or female. »

Il parle là aussi du Serpent lové autour de la Terre, symbole de la réconciliation, mais à un niveau supérieur à celui de la logique, des contradictions entre pensée et action :

«

Then I saw a giant circle coiled around the earth, a ring that resolved all contradictions, a ring vaster than death, more fragrant than any scent I have ever known.

Here was the moment I had always been seeking. »

Il trouve dans la mort ce qu’il avait cherché toute sa vie..ce que confirme le « diagnostic « final donné en voix « off » par Schrader lui même :

« The instant the blade tore open his flesh, the bright disk of the sun soared up behind his eyelids and exploded, lighting the sky for an instant. « 

Ici apparaît l’instant , qui se révèle à lui dans la mort : c’est exactement la même révélation qu’a connue Grothendieck au camp de Rieucros sous la forme géométrique du cercle, symbole de l’Un, qui apparaît aussi à Mishima comme « cercle géant lové autour de la Terre » , solution de toutes les contradictions :

https://espacehott.wordpress.com/2022/07/14/la-revelation-a-alexandre-grothendieck-au-camp-de-rieucros-lidee-de-lun/

Dans cette révélation de l’instant au moment de la mort, brille comme un Soleil qui explose celle de l’Absolu :

https://espacehott.wordpress.com/2022/04/15/quest-que-labsolu-linstant-appele-chronon/