Qu’est ce que la transcendance ? Le « post mortem », c’est à dire une notion absurde, auto-négatrice

Ou, plus exactement : l’origine de la notion absurde de transcendance se situe dans la notion absurde d’un « après la mort ».

Car je ne peux penser « ce qui se passera après la mort » qu’en étant en vie : contradiction !

Certains provocateurs sont poussés par cet état de faits à des propositions « extrêmes « comme le célèbre :

« Après la mort, nous pourrissons »

Non : c’est mon corps qui pourrit et devient squelette, mais « je » ne suis pas identique à mon corps, et je préfère pour ma part la belle chanson de Juliette Gréco : « Il n’y a plus d’après à St Germain des prés »

https://www.youtube.com/watch?v=_6pAS3gexS8

La pensée de « l’après-vie » est une pensée mal formée, une sorte de barbarisme, et aussi la pensée de la « transcendance « qui est similaire.

Une entité A est transcendante relativement va moi s’il ne peut y avoir aucun lien entre moi et A, mais dans ce cas je ne peux rien penser sur A, car la pensée est déjà un lien :

A est donc pour moi comme si elle n’était pas.

C’est pourquoi Spinoza dit qu’il « ne faut penser à rien moins qu’à la mort.

Hans Castorp, dans son séjour initiatique au sanatorium de Davos pour une durée hermétique de 7 ans, découvre lors de l’épisode de la « Montagne magique » qui est le sommet du roman « qu’être bon ne consiste en rien d’autre que ne pas laisser la mort dominer ses pensées «

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/12/08/la-montagne-magique-neige-le-sommet-de-tout-le-livre/

« Je veux être bon. Je ne veux accorder à la mort aucun pouvoir sur mes pensées ! Car c’est en cela que consistent la bonté et la charité, et en rien d’autre. »

Et il précise, donnant des indications précieuses sur la voie initiatique qui mène à la « vie éternelle « :

« La mort est une grande puissance. On se découvre et l’on marche d’un pas rythmé, sur la pointe des pieds, lorsqu’on l’approche. Elle porte la collerette de cérémonie du passé et on s’habille sévèrement et tout de noir, en son honneur. La raison est sotte en face de la Mort, car elle n’est rien que Vertu, tandis que la Mort est la liberté, la déraison, l’absence de forme et la volupté. …L’amour affronte la Mort ; lui seul, non pas la vertu, est plus fort qu’elle. Lui seul (pas la vertu), inspire de bonnes pensées. La forme, elle aussi, n’est faite que d’amour et de bonté : la forme et la civilisation d’une communauté intelligente et amicale, et d’un bel État humain – avec le sous-entendu discret de la cène sanglante. Oh, voilà qui est rêvé avec clarté et bien « gouverné » ! Je veux y penser. Je veux garder dans mon cœur ma foi en la Mort, mais je veux clairement me souvenir que la fidélité à la mort et au passé n’est que vice, volupté sombre et antihumaine lorsqu’elle commande à notre pensée et à notre conduite. L’homme ne doit pas laisser la Mort régner sur ses pensées au nom de la bonté et de l’amour. Et ceci pensé, je m’éveille… «

L’amour qui seul affronte la Mort, c’est l’amour intellectuel de Dieu, et la mort qui est volupté et déraison, c’est Eros, et la Transcendance en même temps.

« La mort porte la collerette de cérémonie du passé « : cela signifie que le culte de la Mort et d’Eros enferme l’âme humaine dans la « pensée de l’être « , la pensée ontologique . Nous en sommes arrivés ici à identifier le Passé à l’espace, et à l’être, tandis que l’Instant est l’un, l’Absolu, et donc la pensée du Temps, qui est pensée de l’instant, est la pensée selon l’un, hénologique.

Les conclusions d’Alain Badiou dans « L’être et l’événement 1 », qui aboutissent à l’identité de l’ontologie et de la théorie mathématique des ensembles , formalisée par Zermelo-Fraenkel:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_ensembles_de_Zermelo-Fraenkel

sont admises ici.

Les méditations métachronologiques de Pierre Michel Klein, chapitre principal du livre CHRONON, sont analysées ici :

https://espacehott.wordpress.com/2022/06/29/chronon-principes-de-la-metachronologie-par-pierre-michel-klein/

Les deux premières méditations, consacrées à l’instant et au présent, contiennent de nombreux exemples de pensée paradoxale, notamment dans la distinction entre temps mental, ou temps qui passe, et temps « extérieur « à la conscience, ou cours du temps.

Le texte de « CHRONON « est ici :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01893010v2/document

Ainsi page 6, dans la méditation 1 « L’instant » les paradoxes sur la pensée du néant , tels qu’on les trouve chez Bergson, sont abordés. Il n’y a pas de néant, seulement de la nature et de la vie, et ce fameux « néant » n’est qu’une illusion, mais qui est faite pour perdurer, tout comme la notion de transcendance, qui perdure depuis plus de 2000 ans dans les religions « abrahamiques »; c’est que la pensée selon l’être a dominé la métaphysique occidentale et les théologies qui en sont inspirées :

https://espacehott.wordpress.com/2022/02/28/le-passe-cest-letre-qui-a-domine-la-metaphysique-et-les-religions-et-theologies-qui-sont-fondees-sur-elle-jusqua-heidegger-linstant-present-de-n/

Seul l’accès à une pensée radicalement neuve , pensée selon l’un, permettra d’en finir avec ces « péchés contre l’Esprit » que sont transcendance, néant ou « après la mort »

« car le mot « néant » ne proviendrait jamais que d’une opération mentale par laquelle, à l’intuition vitale de ton être tu ajouterais la pensée artificielle de sa négation. De sorte que ta naissance ne serait pas plus là sortie d’un soi-disant néant que ta mort ne serait un anéantissement «

Louis Ferdinand Céline : la montée du délire chez les « aliénistes »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/14/louis-ferdinand-celine-extraits-du-voyage-au-bout-de-la-nuit-1932/

C’est Baryton le chef de clinique qui parle :

«

Au temps de mes débuts, donc, Ferdinand, les médecins français se respectaient encore! Ils ne se croyaient pas contraints de battre la campagne comme leurs malades.. histoire de se mettre au diapason, sans doute? Que sais je moi? De leur faire plaisir? Où cela nous conduira t’il ? Je vous le demande?… à force d’être plus astucieux , plus morbides, plus pervers que les persécutés les plus détraqués de nos asiles, de nous vautrer avec une sorte de nouvel orgueil fangeux dans toutes les insanités qu’ils nous présentent, où allons nous? Êtes vous en mesure de me rassurer, Ferdinand, sur le sort de notre raison? Et même du simple bon sens ? À ce train que va t’il nous en rester, du bon sens ? Rien! C’est à prévoir…absolument rien… je puis vous le prédire..c’est évident!
D’abord, Ferdinand, tout n’arrive t’il pas à se valoir en présence d’une intelligence réellement moderne? Plus de blanc! Plus de noir non plus… tout s’effiloche..c’est le nouveau genre! C’est la mode! Pourquoi dès lors ne pas devenir fous nous mêmes ? Tout de suite! Pour commencer! Et nous en vanter encore! Proclamer la grande pagaille spirituelle ! Nous faire de la réclame avec notre démence ! Qui peut nous retenir? Je vous le demande Ferdinand ? Quelques suprêmes et superflus scrupules humains ? Quelles insipides timidités encore? Hein? Tenez, il m’ arrive, Ferdinand, quand j’écoute certains de nos confrères et ceux ci, remarquez le, parmi les plus estimés , les plus recherchés par la clientèle et les académies, de me demander où ils nous mènent !… c’estinfernal en vérité ! Ces forcenés me déroutent, m’angoissent, me diabolisentet surtout me dégoûtent ! Rien qu’à les entendre, nous rapporter au cours d’un de ces congrès modernes, les résultats de leurs recherches familières, je suis pris de blême panique Ferdinand! Ma raison me trahit rien qu’à les écouter…possédés, vicieux, captieux et retors, ces favoris de la psychiatrie récente, à coups d’analyses super-conscientes, nous précipitent aux abîmes.. tout simplement aux abîmes! Un matin, si vous ne réagissez pas, vousles jeunes, Ferdinand, nous allons passer, comprenez moi bien, passer ! À force de nous étirer, de nous sublimer, de nous tracasser l’entendement, 

de l’autre côté de l’intelligence, du côté infernal, celui là, du côté dont on ne revient pas !D’ailleurs on dirait qu’ils y sont enfermés, ces supermalins, dans la cave aux damnés, à force de se masturber la jugeote jour après nuit !

Je dis bien jour et nuit parce que vous savez Ferdinand, qu’ils n’arrêtent même plus la nuit de se forniquer à longueur de rêves ces salauds là ! C’est tout dire… et je te creuse! Et je te la dilaté la jugeote! Et je te me la tyrannise…
… on en a plein les mains, Ferdinand, de ce qui reste de l’esprit, on en est tout englué, grotesque, méprisant, puant . Tout va s’écrouler, Ferdinand, tout s’écroule, je vous le prédis, moi le vieux Baryton, et pour dans pas longtemps encore! Et vous verrez cela, vous, Ferdinand, l’immense débandade ! Parce que vous êtes jeune encore ! Vous la verrez! Ah je vous en promets des réjouissances ! Vous y passerez tous chez le voisin! Hop! D’un bon coup de délire en plus! Un de trop! Et groupe! En avant chez le Fou ! Enfin ! Vous serez libérés comme vous dites ! ça vous a trop tentés depuis trop longtemps !pour une audace c’en sera une d’audace! Mais quand vous y serez chez le Fou, mes petits amis, je puis vous assurer que vous y resterez!
Retenez bien ceci, Ferdinand, ce qui est le commencement de la fin de tout, c’est le manque de mesure! La façon dont elle a commencé la grande débandade, je suis bien placé pour vous la raconter.. par les fantaisies de la mesure que ça a commencé ! Par les outrances étrangères !plus de mesure, plus de force! C’était écrit! Alors au néant tout le monde? Pourquoi pas? Tous? C’est entendu! Nous n’y allons pas, d’ailleurs, on y court! C’estune véritable ruée ! Je l’ai vu, moi, l’esprit, Ferdinand , céder peu à peu de son équilibre, et puis se dissoudre dans la grande entreprise des ambitions apocalyptiques! Cela commença vers 1900! C’est une date! À partir de cette époque, ce ne fut plus dans le monde en général et dans la psychiatrie en particulier qu’une course frénétique à qui deviendrait plus pervers, plus salace, plus original, plus dégoûtant, plus créateur, comme ils disent, que le petit copain!..une belle salade!.. ce fut à qui se vouerait au monstre le plus tôt possible, à la Bête sans cœur et sans retenue…

elle nous bouffera tous, la Bête , Ferdinand, c’est entendu et c’est bien fait! La bête ? Une grosse tête qui marche comme elle veut! Ses guerres et ses baves flamboient déjà vers nous et de toutes parts !… nous voici en plein déluge! Tout simplement ! Ah on s’ennuyait paraît il dans le conscient? On ne s’ennuiera plus ! On a commencé par s’enculer , pour changer.. et alors on s’est mis du coup à les éprouver, les “impressions” et les “intuitions”… comme les femmes

« Je rêve d’un temple pur d’où je m’excommunie” (Léon Brunschvicg)

Cela répond au « poème « cité dans le grand et extraordinaire film de Roberto Rossellini en 1954 « Voyage en Italie » ( attention, les liens donnés pour voir le film ne fonctionnent plus, mais amènent à d’odieuses images pornographiques)

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/roberto-rossellini-voyage-en-italie-1954/

« Temple pur de l’Esprit ,
Sans plus de corps,
Mais de pures images ascétiques,
Qui rendent par comparaison toute pensée peu claire

Ces « pures images ascétiques rendant par comparaison toute pensée peu claire« ce sont les Mathèmes, qui sont à concevoir comme des lunettes permettant de « voir » les Idées divines comme les lunettes de Galilée servaient à observer les astres lointains.

Ce temple pur de l’Esprit, c’est le plan internel, lieu des Idées, situées dans une Idée suprême qui est l’Un, l’Idée d’Un, qui est l’unité de toutes les Idées divines, d’où provient le fait qu’elles sont Une, et c’est aussi l’Instant AION , qui est l’Absolu , au centre de La Croix, « croisée du temps et de l’éternité « :

https://espacehott.wordpress.com/2022/02/28/le-passe-cest-letre-qui-a-domine-la-metaphysique-et-les-religions-et-theologies-qui-sont-fondees-sur-elle-jusqua-heidegger-linstant-present-de-n/

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/25/labsolu-aion-lunlinstant-peut-il-tomber-dans-le-relatif-le-passe-letre/

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/19/aion-linstant-cest-le-present-eternel/

https://espacehott.wordpress.com/2022/03/15/linstant-est-lun-que-cela-signifie-til/

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/09/dieu-est-la-presence-de-lunite-dans-la-conscience/

https://espacehott.wordpress.com/2022/04/15/quest-que-labsolu-linstant-appele-chronon/

Qu’est ce que le temps ? c’est l’immanence ; qu’est ce que l’immanence ? C’est le temps

https://espacehott.wordpress.com/2022/03/24/dialectique-de-lun-ou-vie-dialectique-de-letre-ou-mort/

Qu’est ce que le temps ? Un mystère !

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/10/22/dynamique-monadique-le-temps-comme-propriete-universelle-du-changement/

« Qu’est-ce que le temps? Un mystère! Sans réalité propre, il est tout-puissant. Il est une condition du monde phénoménal, un mouvement mêlé et lié à l’existence des corps dans l’espace, et à leur mouvement. Mais n’y aurait-il point de temps s’il n’y avait pas de mouvement? Point de mouvement s’il n’y avait pas de temps? Interrogez toujours! Le temps est-il fonction de l’espace? Ou est-ce le contraire? Ou sont-ils identiques l’un à l’autre? Ne vous lassez pas de questionner! Le temps est actif, il produit. Que produit-il? Le changement. « A présent » n’est pas « autrefois », « ici » n’est pas « là-bas », car entre les deux il y a mouvement. »

https://theconversation.com/la-philosophie-du-temps-selon-saint-augustin-146424

https://lenuki69.over-blog.fr/2018/01/qu-est-ce-que-le-temps-texte-de-saint-augustin-explique.html

Saint Augustin a eu des réflexions célèbres sur ce mystère :

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne m’interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l’ignore. Et pourtant j’affirme hardiment, que si rien ne passait, il n’y aurait point de temps passé ; que si rien n’advenait, il n’y aurait point de temps à venir, et que si rien n’était, il n’y aurait point de temps présent. Or, ces deux temps, le passé et l’avenir, comment sont-ils, puisque le passé n’est plus, et que l’avenir n’est pas encore ? Pour le présent, s’il était toujours présent sans voler au passé, il ne serait plus temps ; il serait l’éternité. Si donc le présent, pour être temps, doit s’en aller en passé, comment pouvons-nous dire qu’une chose soit, qui ne peut être qu’à la condition de n’être plus ? Et peut-on dire, en vérité, que le temps soit, sinon parce qu’il tend à n’être pas ? »

Seulement il est facile de s’apercevoir que cette réflexion est « contaminée « par l’être, ce qui n’est pas un hasard puisque la notion d’être a dominé la métaphysique occidentale jusqu’à il y a peu :

https://espacehott.wordpress.com/2022/02/28/le-passe-cest-letre-qui-a-domine-la-metaphysique-et-les-religions-et-theologies-qui-sont-fondees-sur-elle-jusqua-heidegger-linstant-present-de-n/

Seulement pour comprendre ce qu’est le Temps, une seconde notion est nécessaire, qui a joué le rôle de « grand absent » de la métaphysique : celle de l’Un, objet de l’hénologie comme l’être est celui de l’ontologie :

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/27/a-la-distinction-purement-metaphysique-entre-etre-et-un-correspond-la-distinction-physique-metaphysique-entre-espace-et-temps/

Pouvons nous identifier le Temps à l’Un et l’être à l’espace ? J’en suis pour ma part persuadé, et je me fonde pour cela sur un principe qui est un axiome de la théorie des types homotopiques, stade le plus élevé de la mathématique : l’axiome d’univalence de Voevodsky

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondements_univalents

https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_types_homotopiques

principe intellectuel , devenu un axiome dans les fondations univalentes de #HoTT, qui rend légitime une pratique mathématique consistant à identifier deux objets isomorphes.

J’identifie ainsi le passé à l’Espace et l’instant AION à l’Un

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/13/le-passe-cest-lespace/

https://espacehott.wordpress.com/2022/02/28/le-passe-cest-letre-qui-a-domine-la-metaphysique-et-les-religions-et-theologies-qui-sont-fondees-sur-elle-jusqua-heidegger-linstant-present-de-n/

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/25/labsolu-aion-lunlinstant-peut-il-tomber-dans-le-relatif-le-passe-letre/

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/19/aion-linstant-cest-le-present-eternel/

https://espacehott.wordpress.com/2022/03/15/linstant-est-lun-que-cela-signifie-til/

https://espacehott.wordpress.com/2022/04/15/quest-que-labsolu-linstant-appele-chronon/

Que l’instant soit présent signifie que la conscience est présente à l’Un, c’est à dire que l’unité est présente en elle : Dieu est cette présence de l’unité dans une conscience qui sait qu’elle n’est radicalement extérieure à rien.

https://espacehott.wordpress.com/2022/07/11/quest-ce-que-vivre-dans-le-present/

La vie dans le Présent, plus haut accomplissement de la conscience, qui du statut d’individuel et particulier passe au statut d’universel, est la vie éternelle.

« Il a la vie éternelle, celui qui vit dans le présent « (Wittgenstein)

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/09/dieu-est-la-presence-de-lunite-dans-la-conscience/

Samuel Paty vivait dans la terreur les derniers jours avant sa décapitation par un #musulman

Voilà ce que c’est , l’islam et le coran …

https://www.fdesouche.com/2022/11/21/le-recit-glacant-de-la-principale-du-college-de-samuel-paty-je-nai-pas-reussi-a-le-garder-en-vie/

https://www.fdesouche.com/2022/11/21/samuel-paty-craignait-pour-sa-vie-un-rapport-souligne-la-terreur-dans-laquelle-vivait-le-prof-quelques-jours-avant-son-assassinat-se-sachant-traque-il-setait-meme-muni-dune/

https://espacehott.wordpress.com/2022/11/20/sourate-4-verset-34-noustoutes-est-daccord-avec-ca/

Rappelons que le théorème zéro permet de démontrer la fausseté du Coran :

https://espacehott.wordpress.com/2022/04/15/consequences-du-theoreme-zero-faussete-du-coran/

https://espacehott.wordpress.com/2021/10/23/un-transcendant-et-un-immanent/

Peut on agir pour empêcher les décapitations de futurs nouveaux Samuel Paty ? Oui on le peut… en réformant les religions « abrahamiques » prétendument monothéistes pour remplacer l’Un transcendant par l’Un immanent à la conscience humaine

https://espacehott.wordpress.com/2022/05/29/necessaire-reforme-des-religions-abrahamiques-remplacer-lun-transcendant-par-lun-immanent-a-la-conscience/

https://espacehott.wordpress.com/2022/07/24/cochetbrunschvicg-immanence-et-transcendance/

https://espacehott.wordpress.com/2022/08/13/interdirelecoran-dieu-lun-limmanence-radicale-nest-pas-transcendant/

https://espacehott.wordpress.com/2022/11/04/sourate-112-al-ikhlas-le-monotheisme-pur-problemes-de-traduction-allah-est-un-nest-pas-equivalent-a-allah-est-unique/

Et rappelons aussi ce que Boualem Sansal, qui est algérien, dit de l’islam :

https://espacehott.wordpress.com/2022/09/26/lalgerien-boualem-sansal-lislam-est-le-mal-absolu-de-notre-temps/

Louis Ferdinand Céline : un fameux extrait des « Bagatelles «

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/13/un-fameux-passage-des-bagatelles-de-louis-ferdinand-celine/

Le livre « Bagatelles pour un massacre » de Louis Ferdinand Céline en 1937 ne se limite pas au pamphlet antisémite condamné à juste titre par tous ceux qui ne sont pas nostalgiques des heures sombres.

Il met en scène entre autres un potentat de la SDN : Yubelblatt, dont Ferdinand le narrateur est le subordonné , qui le dépeint de manière pittoresque :

«

il tenait pas en place. Il fallait qu’il trace, qu’il revendique. Son genre de voyage favori, c’était la Chine… Il allait militer par là… Il faisait un saut jusqu’au Japon… Il préparait les petites affaires… Et puis il rentrait dare-dare… Il retraversait toute la planète pour un télégramme, pour un soupir… pour rien du tout… Il repassait par la Russie… Il repassait plus par la Russie… Il rappliquait par le Sud. Il rattrapait son télégramme… son soupir… son rien du tout. Et puis floc ! Je le voyais jaillir ! Un matin ! Je le retrouvais d’un seul coup ! Derrière son bureau… Il émergeait de l’autre bout du monde… comme ça… Il faisait le juif errant, l’homme-lubie, l’insolite… Pour réfléchir, il s’arrêtait, derrière ses binocles, il oscillait en avant… tout doucement sur ses tatanes… des vrais bateaux… comme le pendule… Cette manière de se tenir, bizarre, dans la vie, de disparaître dans les fugues et puis de revenir ” courant d’air “… ça ressemblait pas à grand’ chose. On aurait bien pu penser : cette agitation est grotesque, ce n’est que de la dispersion, du ” pas sérieux “, de l’étourderie. Cet homme travaille du grelot. Et pourtant c’était l’essentiel faut pas se fourvoyer. Regardez un peu les fourmis comment elles s’agitent… elles font pas toutes vraiment quelque chose, elles transportent pas toutes une bricole… elles vont, elles passent… c’est leur boulot !… elles reviennent… elles se dépêchent… elles lambinent… elles ont plus l’air de savoir… de se promener au petit bonheur… et puis pourtant elles fourmillent. Elles ont leur idée… c’est ça l’essentiel : fourmiller.”

” .. Plaf !… il enfonce, plonge dans les Indes… on le voit plus ! ! Une autre fois c’est dans la Chine… dans les Balkans dans les ombres du monde… dans la profondeur… Il revenait à la surface tout éberlué, clignotant… Il était habillé tout noir comme l’ornithorynx… et puis aussi l’énorme tarin, exactement aussi marrant… cornu comme l’ornithorynx… Il était souple à l’infini… extraordinaire à regarder, mais au bout des poignes par exemple, il avait aussi des griffes… et des venimeuses comme l’ornithorynx… Il fallait déjà le connaître depuis vraiment un bon moment pour qu’il vous les montre… la confiance c’était pas son faible… Enfin je vais pas prétendre que je m’ennuyais sous ses ordres… Ça serait mentir… Tel qu’il était il me plaisait bien…m’arranger de temps à autre… de me faire déguster une vacherie… Mais moi, je ne me gênais pas non plus…”

Le chef tente de former son subordonné aux mystères de la vie administrative :

«

a essayé, c’est un fait, de me rendre parfaitement ” technique “, diplomatique et sagace, et puis aussi, et puis surtout, que je devienne à ses côtés un parfait administrateur. Il m’avait en sympathie, malgré mes petits défauts… ma tête de cochon… Il voulait que je m’initie à tous les maniements de ficelles, les grosses goupilles du métier, les fines astuces, qui font marcher les Assemblées, les Commissions, 2e, 3e, 4e, 5e… les têtes de pipes et les Finances… surtout les Finances…

– Moi, voyez-vous, Ferdinand, je suis toujours Secrétaire, rien que Secrétaire, à travers toutes les circonstances, vous ne me verrez qu’en Secrétaire… C’est le titre que j’ai choisi, jamais davantage… jamais !… Secrétaire ! Pas plus ! Voilà tout !… J’arrive, je ne dis mot… La discussion est commencée… Bien… Je vais m’asseoir tout doucement, bien tranquille, à la gauche du Président… Remarquez, je ne dérange personne…Les débats s’ouvrent et se déroulent… ternes ou passionnés… burlesques ou moroses… Aucune importance !… Dans tous les cas, aucune suite dans les idées… c’est impossible… aucune cohérence… C’est la grande règle absolue de toutes les assemblées du monde… de n’importe quelle réunion d’hommes… aussitôt qu’ils ouvrent la bouche ils ne disent plus que des sottises…

Voici la pesanteur du ” nombre “… la loi écrasante des Pendules de la Bêtise… Elle entraîne tout, elle fatigue tout, elle écrase tout… Il ne s’agit pas de lutter… Tous ces niais autour de la table, bavardent, s’ébrouent, vitupèrent… oublient dès les premières paroles ce qu’ils avaient à raconter… Ils s’écoutent et ça leur suffit… Ils disent, au fond n’importe quoi… Ils s’affriolent, ils se trémoussent… Ils sont là pour se dépenser… Plus ils cafouillent, plus ils s’excitent, plus ils se perdent… C’est très facile dans notre cas avec toutes les langues… Ils se comprennent mal ou de travers… Ils se comprennent mal eux-mêmes… Ils s’embrouillent dans les quiproquos… ils se jaugent… ils se défient… d’un bout à l’autre du tapis… Ces effets les perdent… Ils s’emballent… Les voilà franchement qui divaguent… Ils ne se retiennent plus… Ils sont venus pour discourir… et de fort loin, le plus souvent… délégués au bavardage… du Vénézuéla… d’Arabie… de la Nouvelle-Zemble… des Petites Comores..

Les micros ne sont pas faits pour les chiens..Plus ils se font vieux les délégués et plus ils babillent… La vieillesse c’est tout féminin, ça se déglingue, ça se débroquille, ça se débine tout en cancans… d’époumonements ils se surpassent… Ils montent de vrais concours d’Asthme… La pauvre question initiale existe plus… tant bousculée par ces absurdes, tiraillée, calamiteuse, elle a perdu tous contours… On sait même plus ce qu’elle est devenue… On la cherche… on la retrouve pas… Les débats se poursuivent quand même et d’autant plus véhéments… Y a un embouteillage terrible pour la prise de la parole, ils veulent tous la garder tout le temps… Mais les délégués empêtrés qui n’arrivent pas à placer un traître mot de leur discours… ils trouvent le président infâme… C’est mauvais les harangues rentrées… Ils rongent leur frein dans le coin de leur chaise, ils préparent les pires vacheries… des vitriols infernals pour assaillir ceux qui gardent comme ça tout le crachoir… Au bout d’une heure à peu près de ces effrénés jacassages, des délégués ” tous contre tous “, ils savent même plus où ils se trouvent… ils ont perdu le Nord et le Sud, le sens de la porte, le large et le travers… Ils savent même plus de quoi il retourne… La question elle est dans les pommes… dans les gueulements, les hoquets… dans les fumées…

Haletants, fourbus, ravagés, sur les boulets, ils s’écroulent… Une sorte d’angoisse les étreint… ils savent plus comment finir… Ils se cramponnent après la table… A la façon que je les entends comme ils expirent rauque, à la manière qu’ils enrayent, qu’ils râlent en saccades… aux bribes d’injures qui arrivent… Je me dis : ” Yubelblat, c’est le moment !…” L’instant exact d’intervenir… Faut pas une seconde en retard ! pas une seconde en avance !… Faut que ça tombe pile exactement, partir juste à ” l’optimum “… Alors c’est gagné ! je les délivre ! Je les affranchis d’un coup… J’organise, Ferdinand, l’” extase “… C’est après ça qu’ils suffoquent au bout d’une heure de pancrace… de cette ébullition de mots…je connais le moyen de les faire jouir… Je donne à tout ce bavardage une sorte d’ ” éjaculation “… Je l’ai toujours là dans ma poche… dans un petit bout de papier… Au moment où ils en peuvent plus, où ils s’étranglent de confusion, où ils implorent l’atmosphère… Je leur sors mon petit texte…je déplie mon petit bout de papier, une “Résolution”… retenez ce nom… une ” Résolution “. Je la glisse au président, le pire radoteur de la bande, le plus éperdu de tous… Il se jette dessus, il l’agrippe, c’est écrit… Il a plus qu’à lire, ânonner… C’est fait !… En entendant ce texte bien net, qui leur arrive par miracle, qui clôt si bien leurs débats, les autres alors ils viennent au pied… ils se rendent ils ” adoptent ” !… dans une allégresse !… éjaculant à qui mieux mieux… L’orgasme ! Ils se détendent… ils se pardonnent… ils se caressent… ils se délectent… ils se congratulent… La vanité fait le reste… Ils se persuadent immédiatement… qu’ils ont fini par jouir tout seuls… 

je ne reste pas là, moi-même, je disparais, je m’efface… je les laisse à leurs effusions. Je n’ai rien dit… Je n’ai rien fait… Je les, ai toujours dans ma poche… mes ” résolutions ” tout le temps des débats… Chaque matin, je les prépare… Ce sont mes petites ordonnances… Je les rédige à la maison, dans le calme même, dans mon lit, avant de descendre les retrouver dans cette pagaïe… Je sais bien moi, ce que je veux, je sais donc ce qu’il leur faut tous, aux délégués des cinquante peuples… Ce qu’ils sont faits pour ” adopter “… Je suis là pour ça, Ferdinand, et c’est ” écrit “… tout écrit, mon ami… noir sur blanc à l’avance… dans ma poche… avec mon petit crayon… C’est la décision, c’est l’ordre au bout du chaos. Je leur apporte leur délivrance, Ferdinand. Tous ces petits verbeux, hagards, diffus, chiffonnés, ils montent au plaisir tous ensemble. J’avais leur coït dans ma poche… depuis le matin… Et je n’ai rien dit, Ferdinand !… pas dit un mot à ce propos. J’ai glissé le petit papier, au bon moment, voilà tout !… Ce n’est pas très difficile… Ce n’est pas moi qui ai brillé… Ce n’est pas moi qui ai parlé… On ne m’a presque pas vu… Je ne cause jamais, Ferdinand… Je ne brille jamais, Ferdinand… Jamais… Retenez bien ceci… jamais ne briller… jamais, Ferdinand… »

Et pour couronner cette leçon :

« Considérez bien Ferdinand, n’oubliez jamais, lorsque vous examinez, que vous observez de près l’allure de nos commissions, que plus vive est l’intelligence de chacun des participants en particulier, plus grotesque, plus abominable sera leur grand cafouillage une fois qu’ils seront réunis… Et remarquez au surplus que je les ai fait venir pour l’examen d’un problème nettement de leur spécialité… qui ne leur réserve forcément aucune espèce de surprise… qu’ils connaissent par cœur, à fond, sur toutes les coutures.. sous tous les aspects… Plus ils seront éminents, plus fantastiques seront leurs bourdes… plus proliférantes, abracadabrantes, leurs conneries…. leurs méprises, plus inouïes leurs absurdités… Plus vous les trouverez élevés, considérés séparément dans le domaine de l’esprit, de la création, plus ineptes ils deviendront une fois qu’ils seront tous ensemble… Voici une règle, un théorème, une loi de l’esprit… L’esprit n’aime pas les rassemblements. »

Sur la question de calendrier, il fallait vraiment qu’on les aide… Pour savoir la date qu’ils reviendraient… qu’ils supposaient revenir… ils en auraient vomi du sang… tellement ils confondaient les jours… ils s’étranglaient dans les dates… pour ne pas arriver à choisir… C’était déjà un hôpital rien qu’à les regarder se débattre dans les convulsions… Ils faisaient toujours grande honte aux secrétaires de service et puis forcément bien pitié !… Ils avaient perdu toute couleur, ces frêles damnés, et passaient du blanc au diaphane, chevrotant a perte de chicots, après tant de séances de fausses luttes… Une terrible cruauté !… dans l’apnée ils râlaient encore, tous les sphincters en déroute, agoniques méticuleux… ils se maudissaient sur l’Agenda… sur les petites dates en astérisques… et puis à cause du mois de juin et puis encore de l’autre mois, l’avril… qui n’avaient pas tous les dimanches et puis un jeudi en plus… et puis un jour de congé qui tombait en travers de l’autre…

La ” Résolution ” les sauvait là encore, au bord de la tombe… Ils s’arrachaient le petit papier… On leur passait les horaires… ils savaient plus où ils allaient… Ils se souvenaient plus de leurs origines, il fallait qu’on les remette en gare… Ils retrouvaient l’exubérance qu’une fois sur le quai… devant les grosses locomotives… Hatchou ! Hatchou !… Une autre frénésie les prenait… Ils s’amusaient comme des petits fous à tous les échos… Ils imitaient les grosses machines, les départs et les grêles trompettes… les sifflets… ta !… Ta !… ta !… Ta !… Psiii !

Pssiii !… En revoyant comme ça de la ” technique “, ils reprenaient la confiance… Ils faisaient amis !… amis !… bien gentiment aux voyageurs, à tout le monde autour, avec leurs petites menottes… On les installait dans le wagon… bien calés, loin des portières, on les recommandait aux personnes qu’étaient dans le couloir… Et puis le convoi s’ébranlait… ils retournaient à leurs travaux…

Quand je lui rédigeais ses longues lettres, ses délicates procédures, il me faisait recommencer souvent, Yubelblat C’était sa manière… trois fois… dix fois… quinze fois de suite… vingt fois, un beau jour… C’était son sadisme… à propos de la même broutille, d’une finesse circonlocutoire.

” Trop catégorique ! Ferdinand ! Beaucoup trop catégorique ! Trop aventuré !… Beaucoup trop formel !… Vous nous engagez, Ferdinand ! Faites attention !… Enveloppez !… Enveloppez toujours ! Des propositions… oui certes, il en faut… mais tout doucement… conditionnelles !… Ces précisions sont inutiles… elles intriguent… ils en demanderont davantage… toujours davantage… si vous commencez… Laissez-les donc… ils imagineront beaucoup mieux… ils imagineront des prodiges si vous demeurez assez vague… encourageant mais discret !… un petit peu subtil ! Pas trop… un doute… vous me comprenez ?… Un doute… de la nuance… toujours dans la note élégante, vous me comprenez ?… nous ménager les ” surprises “, pour nous les ” surprises “… nous pourrons ainsi démentir… nous reprendre… L’insignifiance ! Ferdinand ! je vous l’ai recommandée !… l’Insignifiance !… comme les jésuites… C’était son dada les jésuites, sa litanie… Toujours enveloppés, on nous redoutera… vous serez craint… vous serez cru… parce qu’on supposera des choses… on imaginera… Le prestige c’est le doute… Faites ça pour moi, Ferdinand. Je vous veux du bien… ne m’engagez pas… Des informations… précises… pour nous… des renseignements vagues pour les autres… Vous me comprenez ?… ”

A la fin il m’avait dressé, je rédigeais, super-malin, amphigourique comme un sous-Proust, quart-Giraudoux, para-Claudel… je m’en allais circonlocutant, j’écrivais en juif, en bel esprit de nos jours à la mode… dialecticulant… elliptique, fragilement réticent, inerte, lycée, moulé, élégant comme toutes les belles merdes, les académies Francongourt et les fistures des Annales…

Ça m’embarrassait forcément. Cette application, cette débauche, ça me gênait mon développement… Je fus excédé un matin, je claquai la porte… Après tant d’années, quand je réfléchis, c’est dans un coup d’héroisme que j’ai quitté la S. D. N. Je me suis sacrifié, au fond, je suis un martyr dans mon genre… J’ai perdu un bien joli poste, pour la violence et la franchise des Belles-Lettres Françaises… On me doit une compensation… je sens que ça vient.”

Cet exemple de la SDN est toujours valable, et pas seulement pour l’ONU … combien de fois ai je assisté à ces sortes de “réunions” ou “colloques” voire “séminaires” qui ne servent strictement à rien, sauf aux participants (généralement âgés) à s’écouter parler, cela se passe généralement dans des organismes au titre ronflant comme “Haut Conseil” ou “Haute autorité”.. et pourquoi pas “Très haute Autorité ” pendant qu’on y est ? Je me le suis toujours demandé…

Et l’élève est reconnaissant, à juste titre :

Il ne faudrait pas tout de même conclure que de servir Yubelblat ça n’apprenait pas certaines choses… je parle du domaine scientifique, de la médecine appliquée, des arts sanitaires et de l’hygiène… Il connaissait, le petit sagouin, tous les secrets du métier. Il avait pas son pareil pour dépister l’entourloupe, pour percer les petits brouillards dans les recoins d’un rapport. Il aimait pas les fariboles, fallait qu’on lui ramène des chiffres… rudement positifs… de la substance contrôlable, pas des petites suppositions… des conjectures aventureuses, des élégants subterfuges… des fins récits miragineux… ça ne passait pas,… des chiffres d’abord ! et avant tout !… Les sources !… les recettes du budget !… avant les dépenses !… Des faits basés sur des “espèces”… en dollars… en livres si possible… Pas des “courants d’air”… Que ce soit de Chicago, dont il s’agisse, ou de la Chine, de Papworth ou de Mauritanie… fallait pas qu’on lui en raconte… Il interrompait tout de suite le narrateur… bien poliment il faut le dire… Il sortait son petit crayon :

– Attendez, voulez-vous… je note… Combien ?… Combien vous m’avez dit ?… je ne retiens pas très bien les chiffres…

Les brouillards, les- jeux de phrases… c’était pour les autres… il encaissait lui que le pognon… L’Avenir, les paroles d’espérance ne lui inspiraient que méfiance… Il appréciait pas beaucoup les douces promesses de l’Avenir… L’Avenir c’était pour les autres, pour lui c’était du présent… du pondérable ” Les phrases, l’imagination, donnons tout aux délégués, Ferdinand, aux hommes politiques, aux artistes. Nous, comprenez-moi, Ferdinand, si nous ne sommes pas très sérieux, alors il vaut mieux disparaîtrez… nous n’y arriverons jamais… Les phrases pour les Commissions… Pour nous Ferdinand, la Caisse ! ” C’était vraiment raisonnable, dans la pratique, j’ai vite compris… cet admirable principe… j’ai appris à lire les budgets… à ne jamais croire rien sur parole… à tout de suite aller regarder au profond des comptes… refaire toutes les soustractions… Forcer l’homme toujours escroc, le meilleur, le plus pur, la dupe, bon de son brouillard avant qu’il vous enveloppe de même…”

Maintenant, prenons un exemple, quand on vient vous raconter que l’U.R.S.S. c’est le pays de la santé, des merveilles nosocomiales, des émulations éperdues, que des progrès prodigieux marquent tous les pas de la médecine… Coupez court à tout ce verbiage, demandez seulement ce qu’ils dépensent dans un hôpital, moyen, de ce fameux U. R. S. S., pour le courant, le casuel, demandez le nombre de lits ? les salaires du personnel… nourri… pas nourri… le prix du fricot… Vous laissez pas égarer… le prix du linge, des médicaments en vrac, du blanchissage… du chloroforme, de la lumière, de l’entretien du bazar… des mille bricoles du roulement… Ça sera bien moins fatigant et cela vous révélera d’un coup mille exactitudes, que mille discours, mille articles ont précisément pour but d’escamoter à vos regards… Refaites un peu ces additions, considérez tout en roubles, en carotte, en margarine, en chaussures, anthracite… Vous aurez des sacrées surprises… Voici du sérieux ! Du solide !… Tout le reste n’est que batifoles, bulles… entourloupes et mouvements de pompe… Gidisme, hypothèses, poésies…

Je ne voudrais pas vous faire un cours, une petite leçon pédantique, non, non, non, c’est pas mon goût… Mais enfin pour ceux qui ne savent pas il faut bien que j’éclaire ma lanterne… Et puis ça vous amusera peut-être… Or, voici donc l’essentiel : Quand un pays, si moche soit-il, si cave, si pauvre, si perclus qu’il se trouve, au terme de quelque grand désastre, d’immenses pestilences… : guerre, petite variole, calamités publiques, typhus, choléra, etc.. Décide de se requinquer, on file au peuple, pour qu’il s’émeuve et qu’il douille, des grands coups de trompette échotissimes… On le met en transe, on l’éberlue, on l’agite… La campagne de Santé Publique » commence aussitôt… Mais il faut partir de la bonne jambe !… faut pas faire les Champignoles »… Il s’agit en quelques mois de faire tomber les statistiques, de présenter au monde entier quelque chose de très convenable… de respectable… de ne pas rester à cafouiller autour de projets saugrenus… justifier tant que possible l’argent investi… Un grand coup de libre et heureuse » en somme ! de parer au plus urgent, de dégarnir les hôpitaux toujours encombrés, dans les époques calamiteuses, les asiles… de soulager les caisses de secours raplaplas »… d’obtenir, et c’est l’astuce, la politique, les résultats les plus prompts… les plus nettes transformations et le tout à très peu de frais… Et que tout le monde s’aperçoive pour répéter alentour : les dirigeants c’est des grands mecs ! on a des as au pouvoir ». En pays fauché, gaspillage est fatal »… Du coup, on pense aux vénériens, c’est le condé classique… C’est l’Arlésienne » de l’Hygiène… on est sûr de faire salle comble… On remonte d’un coup tout le théâtre…

C’est l’A. B. C. du métier de Reconstructeur du Peuple ». Tout de suite : Guerre à la vérole… Voici au moins une campagne presque dépourvue d’aléas… Qui. s’y engage gagne à coup sûr… Le cas est assez singulier, fort rare, avouons-le, dans l’Hygiène. En effet, dans la pratique, la plupart de ces croisades du genre sanitaire, soi-disant, ne fonctionnent que sur hypothèse, tuberculose, cancer, etc., frisent toutes plus ou moins l’escroquerie, la mendicité interdite, relèvent de la correctionnelle, et ne tendent, en définitive. Qu’à l’accroissement prodigieux du nombre de parasites de l’Administration centrale, où, déjà, ils surfoisonnent. Mais la lutte antivénérienne représente économiquement l’urgence même, surtout aux époques de chaos, de panique, d’émeutes, où tout s’enfile à la sauvette, un coup dans le ventre ! Ni vu ! Ni connu ! Pots pourris ! Je t’embrouille… c’est la farandole chancriforme… le grand enculage en couronne ! la grande sarabande des véroles, petites pustules et grosses gonos… Y en a pour tous et chacun… C’est le grand flux blennorragique qui dévale à pleins trottoirs.”

Tous les Régimes les plus tracassés, les plus obérés, les plus rudimentaires : Pologne, Yougoslavie, Hongrie, etc. ont tôt fait feu de toutes leurs pièces, de toutes leurs maigres ressources, sur le tréponème, les chancres, le Neisser », dès la première accalmie… Pourquoi ?… Voici le secret : Toutes ces affections se traitent facilement en grandes quantités, en séries, s’atténuent, se limitent, se circonscrivent, se jugulent, se guérissent (la vérole tout au moins) dans le minimum de temps… La police peut intervenir, contraindre les rebelles… les traitements, les médicaments, les techniques, sont infiniment éprouvés, classiques, vulgarisables. Peu d’heures perdues, pas un sou de perdu ». Une très importante fraction de l’énorme contingent, de cette foule vénérienne, occulte, errante. disséminée, vagabonde, sadique, souvent volontairement contaminatrice, fort dangereuse, catastrophique en liberté, une fois mise en cadre, en colonne, sous repères », peut être, si l’on s’y prend carrément, très rapidement identifiée, limitée, neutralisée, étiquetée, blanchie, renvoyée aux champs, à l’usine, inoffensive désormais sinon guérie tout à fait. Le jeu vaut bien la chandelle. Toute campagne antivénérienne, socialement, se solde, à relativement peu de frais, par un immense bénéfice. Les êtres qui composent cette énorme troupe vénérienne appartiennent en général aux âges moyens de l’existence, à la période productive. Ils pourront, blanchis », reprendre rapidement toutes leurs habitudes, leurs occupations. Ils se comporteront, dûment suivis, surveillés, à peu près comme tous les autres travailleurs. Ils ne traîneront plus dans les hôpitaux, à la charge des budgets publics. Très grande économie, capitale ! Ils pourront, presque sans dommage, se livrer aux jeux d’amour, promener leurs panais dans les fentes.

Tout ceci est bien régulier, absolument clair, mille fois vérifié, archi-reconnu… Quant à se préoccuper de la tuberculose, du cancer ou de gymnastique féminine et même de puériculture dans un pays famélique, surmené de toutes les façons, voici qui relève du culot, de la sottise, de l’imposture, de la belote, de la farce… Ces grands dadas très illusoires, très dispendieux, ne concernent, ne peuvent concerner que les États riches. Pour y tâter valablement, sans ridicule, il faut que soient réalisées certaines conditions d’ensemble, d’ambiance… de niveau social très élevé… de sécurité, de larges ressources budgétaires exceptionnelles en ce monde… que l’on ne trouve guère réunies qu’en Suède, au Danemark, en Hollande, dans quelques États d’Amérique, en Suisse… Tribulations de luxe, en somme, à cinq cents ans » de la Russie !… Récupérations fort coûteuses, douteuses, à de très longues échéances…

Dans les pays en faillite, très évidemment misérables, surchargés de mendigots, de vermine et de soldats, tout doit marcher au doigt et à l’œil, tambour battant, à la stricte économie, à l’essentiel… Tout le monde, je pense, est d’avis. Vérole, maladie primitive, parfaitement reconnaissable, prophylaxie, thérapeutiques parfaitement fructueuses… Beaucoup d’or en retour d’un peu de mercure… Tout ceci est tellement prouvé, démontré, rabâché !… élémentaire…

Voyons un peu comment les choses se passent, dans le cas d’un port énorme, surpeuplé, militaire, sous-alimenté, alcoolique, où la prostitution pullule, où les transplantés », les truands pérégrinent par centaines de mille, traqués de taudis en ruisseaux dans une sorte d’avalanche de gale, de poux, d’ahuries paniques, de scorbut, de fariboles hurlées, de saucisses pourries. Voici l’état de Léningrad. Qui nous réfute ? L’évidence même ! Il suffit qu’on se promène par-ci, par-là pendant huit jours pour s’apercevoir… Et puis, foutrement fort chacal, celui qui viendra s’en dédire ! Et même qu’il serait plus menteur que vingt-cinq ministres et sous-secrétaires d’État juifs et trente-six mille mouches à merde qui sucent de la menthe.

Le grand hôpital des maladies vénériennes se trouve situé à Léningrad dans les faubourgs de la ville, pas très loin du port… Il se présente, à première vue, comme un agglomérat de bâtisses, délabrées, toutes de structure incohérente, courettes, fondrières, cabanes, casernes croulantes, intriquées, pourries de bout en bout. Nous ne possédons, en France, rien d’aussi triste, d’aussi désolant, d’aussi déchu, dans toute notre Assistance Publique.

Peut-être l’ancien Saint-Lazare, et encore, aurait-il pu à la rigueur soutenir la comparaison… Quelques vieux Asiles de province ?… Mais, notons au crédit de Saint-Lazare, que celui-ci n’en menait pas large, et qu’il tenait par destination beaucoup plus de la prison que de l’hôpital… tandis que ce dépotoir gigantesque, dit des maladies vénériennes », s’annonce bel et bien comme un hôpital de premier ordre, populaire, et d’enseignement, s. v. p. ! le Saint-Louis de l’université de Léningrad…

Or, Saint-Louis prendrait l’aspect d’un grand majestueux manoir aux côtés de ce terrible amalgame de clapiers, de ce lieu funèbre entre tous… de cette façon de morgue mal tenue… J’ai servi dans la cavalerie pendant des années, jamais, j’en suis sûr, aucun vétérinaire de régiment n’aurait permis, même pour un soir, l’hébergement d’un escadron, dans un casernement-taudis, déjeté pareil. Je connais bien des hôpitaux, un peu partout, en bien des villes et des campagnes… des mauvais, des pires, d’excellents, de fort primitifs, je n’en ai jamais rencontré par le monde d’aussi tristement

Dénué de tout ce qu’il faudrait pour un fonctionnement à peu près normal, raisonnable, pour l’accomplissement de sa tâche. A cet égard, une véritable gageure… Un hôpital dont les ruines valent certainement pour le décor les simulacres de Potemkine… quant à l’illusionnisme… le semblant, la frime… Et tout cela, n’oublions jamais, après vingt ans de tonitruants défis, d’injurieuses considérations pour tous les autres systèmes capitalistes si rétrogrades… d’hymnes au progrès social inouï… à la rénovation U. R. S. S. coopératrice ! Réalisatrice de bonheur ! et de liberté ! du pouvoir des masses par les masses » !… le déluge enfin de plans abracadabrants, tous plus pharamineux, bouleversatiles les uns que les autres… Tous les tonnerres des orgues du vent judéo-mongol… Notons que ce grand hôpital des maladies vénériennes de Leningrad semble assez peu visité par les pèlerins de l’Intourist », les guides le négligent… Il se prête mal, il faut avouer, aux conclusions enthousiastes… D’aventure, si quelque touriste spécial, Ministre de Front Populaire en tournée de caviar, quelque savant médecin juif ou franc-maçon se fourvoie de ce côté, hors des itinéraires battus, les yeux de la Foi lui feront tôt découvrir, malgré l’évidence, quelques aspects tout à fait réjouissants… très encourageants… de cette gigantesque ordure… les vertus par exemple de ce petit personnel parfaitement admirable ! (Il crève de faim), le stoïcisme de ces malades si parfaitement dociles… compréhensifs, sociaux et reconnaissants… (Ils crèvent de peur). Il aura très tôt compris le caviardeux pèlerin, il répétera très vite, et sur tous les tons, la bonne leçon bien apprise des vrais amis de l’U. R. S. S. A savoir que Youssoupof, Raspoutine, Denikine et Koutiepof sont les seuls vrais responsables de cette pénurie en denrées premières et objets manufacturés, que l’on peut encore déplorer de temps à autre, mais de plus en plus rarement… »

Évidemment c’était l’époque de la SDN.. mais cette image des « délégués au bavardage » reste de mise, dans toutes les « Tres hautes Autorités « du monde

« Haletants, fourbus, ravagés, sur les boulets, ils s’écroulent… Une sorte d’angoisse les étreint… ils savent plus comment finir… Ils se cramponnent après la table… A la façon que je les entends comme ils expirent rauque, à la manière qu’ils enrayent, qu’ils râlent en saccades… aux bribes d’injures qui arrivent… Je me dis : ” Yubelblat, c’est le moment !…” L’instant exact d’intervenir… Faut pas une seconde en retard ! pas une seconde en avance !… Faut que ça tombe pile exactement, partir juste à ” l’optimum “… Alors c’est gagné ! je les délivre ! Je les affranchis d’un coup… J’organise, Ferdinand, l’” extase “… C’est après ça qu’ils suffoquent au bout d’une heure de pancrace… de cette ébullition de mots…je connais le moyen de les faire jouir… Je donne à tout ce bavardage une sorte d’ ” éjaculation “… Je l’ai toujours là dans ma poche… dans un petit bout de papier… Au moment où ils en peuvent plus, où ils s’étranglent de confusion, où ils implorent l’atmosphère… Je leur sors mon petit texte…je déplie mon petit bout de papier, une “Résolution”… retenez ce nom… une ” Résolution “. Je la glisse au président, le pire radoteur de la bande, le plus éperdu de tous… Il se jette dessus, il l’agrippe, c’est écrit… Il a plus qu’à lire, ânonner… C’est fait !… En entendant ce texte bien net, qui leur arrive par miracle, qui clôt si bien leurs débats, les autres alors ils viennent au pied… ils se rendent ils ” adoptent ” !… dans une allégresse !… éjaculant à qui mieux mieux… L’orgasme ! Ils se détendent… ils se pardonnent… ils se caressent… ils se délectent… ils se congratulent… La vanité fait le reste… Ils se persuadent immédiatement… qu’ils ont fini par jouir tout seuls… »

et le conseil de Yubelblatt de « garder un profil bas » reste précieux : ce n’est qu’en évitant d’éveiller les jalousies que l’on est assuré de vivre longtemps.. dans les « Hautes autorités « en tout cas

La totalité du livre est en 15 parties, sur ce blog :

http://dndf.over-blog.com/article-2422261.html

Bravo ! Le héros de la liberté Elon Musk rétablit le compte de Donald Trump sur Twitter

Initialement publié sur HoTT science internelle : https://twitter.com/elonmusk/status/1594131768298315777?s=20&t=tLbKg3BRynQ9UdCrJe8IuA Bravo ! Le …

Bravo ! Le héros de la liberté Elon Musk rétablit le compte de Donald Trump sur Twitter